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  • giraudjeanbaptiste0


La procédure de nomination du prochain Secrétaire Général de l’OCDE, prévue pour le 1er Juin 2021, est actuellement en cours (1). Cette organisation et cette fonction sont d’un intérêt tout particulier pour l’UE. L’OCDE est en effet devenue, ces dernières années, un organisme très influent dans différents domaines tels que celui de la fiscalité et de la lutte contre la fraude financière internationales. Ses analyses et prises de position font autorité pour ses Etats membres (2) et l’UE s’en inspire directement pour élaborer et légitimer certaines de ses propositions et décisions. Parallèlement, le profil et le rôle de son Secrétaire général se sont accrus de sorte que le choix du futur titulaire constitue un enjeu majeur pour l’UE. Parmi les dix candidats officiels à cette fonction ne figurent pas moins de … 6 candidats présentés concurremment par 6 différents Etats membres de l’UE (3). Même si l’UE n’est pas - en tant que telle - membre de l’OCDE (4), on peut s’étonner de cette dispersion et regretter que les 27 ne se soient pas accordés pour présenter un candidat commun. D’autant plus que 4 ou 5 des candidats européens ne semblent avoir que très peu de chance de l’emporter du fait de la faiblesse relative de leur qualification. Et que, d’autre part, une candidate européenne - Mme Cecilia Malmstrom (5) - figure clairement parmi les deux ou trois favoris. Officiellement soutenue par l’UE, sa candidature aurait été pratiquement acquise - d’autant plus que ses principaux concurrents (américain, canadien ou suisse) soufrent de handicaps divers. Même si cette affaire est probablement sujette à de subtils jeux diplomatiques, elle n’en est pas moins symptomatique d’un phénomène plus général au sein de l’UE : celui de la réticence des gouvernements à agir de concert dans le cadre des organisations internationales. Cela est particulièrement visible, sur le plan politique, au sein des Nations Unies - mais c’est aussi le cas dans des organisations économiques ou financières comme le FMI ou l’OCDE où l’UE ne joue pas un rôle à sa mesure (6). Et ce, en dépit non seulement de l’intérêt bien compris de ses Etats membres - mais aussi de la lettre et de l’esprit du Traité (7).


Jean-Guy Giraud 09 - 01 - 2021

_________________________ (1) voir : https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/two-former-commissioners-trump-aide-among-10-candidates-for-oecd-top-job/

(2) l’OCDE rassemble les 37 Etats "les plus développés du monde, à régime démocratique et à économie de marché” - dont les USA (3) République tchèque/Danemark/Estonie/Grèce/Pologne et Suède (4) 6 Etats membres de l’UE ne sont d’ailleurs pas - encore - membres de l’OCDE : Bulgarie/Croatie/Chypre/Hongrie/Malte et Roumanie) (4) Mme Malstrom a été Ministre du gouvernement suédois, parlementaire européenne et membre des commissions Barros et Juncker de 2010 à 2019 - chargée notamment des relations commerciales de l'UE (5) à noter toutefois que les Secrétaires généraux actuels de l’ONU et du FMI sont de nationalité européenne : portugaise et bulgare (7) art. 34§1 TUE : “les Etats membres coordonnent leur action au sein des organisations internationales (…). Ils défendent dans ces enceintes les positions de l’Union"

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