top of page
Rechercher

"THE EU AND THE WAR : NO MORE EUROPE ?"

  • Photo du rédacteur: giraudjeanbaptiste0
    giraudjeanbaptiste0
  • il y a 12 minutes
  • 3 min de lecture

« L’Europe se construira à la faveur des crises » 

Vraiment ? La réaction de l’UE27 à la crise ukrainienne - la plus grave que l’Union ait affrontée depuis son origine - semble démentir cette assertion, ce mantra, longtemps considérés comme évidents. 

 

C’est du moins la conclusion à laquelle parvient une étude publiée par l’Institut Bruegel sous la signature de JF Kirkegaard : « The EU and the war in Ukraine : more money but no more Europe » (1).

 

Elle démontre que la réaction européenne proprement dite se limite à financer et tenter de coordonner le ré-armement des États membres de l’UE et que les initiatives politiques et stratégiques - notamment via des « coalitions volontaires » - restent de nature intergouvernementale. 

 

De sorte que cette crise - en dépit son caractère considéré comme existentiel - n’est pas susceptible de "provoquer un sursaut institutionnel permettant d’atteindre un degré supérieur de solidarité politique" au sein de l’UE. 

 

 

Nous reprenons ici des extraits significatifs des conclusions de l’étude :

 

  • « It is, however, by now clear that the EU will not be the decision-making forum in which Europe’s most crucial defence and military related decisions will be taken » 

  • « Nor will it reflect any broader degree of pan-European political solidarity, despite the urgency and seriousness of the Ukraine war » 

  • « Broader rearmament and the provision in the coming years of Europe’s independent military deterrent – beyond Ukraine – will therefore not lead to additional fiscal or institutional EU-level integration » 

  • « When a direct external military threat against a sizeable number of EU countries cannot compel all EU member states to pool additional sovereignty and deepen the EU institutionally, the great European integration experiment may have ground to a halt » 

  • « The EU’s ability to pursue material additional institutional integration on a crisis-by-crisis basis has come to an end » 

 

Nous laissons les lecteurs prendre connaissance de l’analyse et l’argumentation détaillées qui conduisent l’auteur à cette pré-occupante - mais finalement peu surprenante - conclusion. 

 

Une des raisons de cette faiblesse de la réaction collective (au sens institutionnel du terme) de l’UE est que les États membres perçoivent d’abord cette crise sous le prisme de leur situation nationale - notamment géographique. Ce qui est ingénument exprimé  par le Premier Ministre d’Espagne :

 

for any eastern European or Nordic or Baltic country, the threat demands a response in which deterrence relies primarily on defence investment.... But in Spain that is not the case. Our threat is not Russia bringing its troops across the Pyrenees”.

 

 

On notera, par ailleurs, qu’un constat analogue peut être fait sur le plan économique (2) où le processus d’intégration se heurte au même obstacle : la croissance de la « diversité »  des situations nationales au sein d’une UE 27++ entraine une décroissance de son « unité » - au point de rendre ces deux concepts progressivement inconciliables. 

 

Globalement, cette analyse est à présent largement partagée par tous les observateurs. Et il est d’autant plus étonnant qu’elle ne provoque guère de propositions constructives pour y faire face. On a pu écrire que tant les Institutions que les États membres se comportent comme « des lapins éblouis par les phares poutiniens et trumpiens » et que leur sidération les rend incapables de réaction collective et unitaire. Certes, le trait est un peu forcé mais il faut bien reconnaitre que, sommet après sommet, les dirigeants européens s’épuisent à colmater des brèches plutôt qu’à tenter de renforcer les structures mêmes de l’édifice. 

 

Une fois de plus, les prochains sommets européens de la mi-février 2026 seront confrontés aux menaces militaires et économiques qui pèsent sur l’UE. Probablement réitèreront-ils, comme à l’accoutumée, leurs « profondes préoccupations » et renverront-ils à leurs précédentes déclarations sur le sujet. Peut-être donneront-ils le feu vert à quelques nouvelles initiatives partielles en souffrance ? Mais seront-ils saisis - et par quelle autorité responsable ? - de propositions concrètes véritablement à la hauteur de ces menaces considérées dans leur ensemble ? Tous les sondages montrent que, pour sa part, l’opinion publique soutiendrait une vigoureuse réaction collective de l’Europe. Mais son appel sera-t-il perceptible à travers les murs épais du Chateau d’Alden Biesen ? 

 

 

Jean-Guy Giraud


______________________________________

 

 

 
 
 

Commentaires


©2018 by Ventotene. Proudly created with Wix.com

bottom of page