L’EUROPE (À NOUVEAU) MALADE DE LA FRANCE ? (Pour une mesure fiscale d’évitement de la crise)
- giraudjeanbaptiste0
- il y a 12 heures
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En cette rentrée 2025, une grave crise politique, sociale, budgétaire et financière menace la France et - au delà d’elle - l’Union européenne dont ce pays demeure une des principales puissances et un des principaux moteurs. Il est clair en effet que les effets d’une telle crise affecteraient les équilibres internes de l’UE (par exemple sur le plan financier et monétaire) mais aussi sa capacité de réaction aux crises venues de l’étranger (USA - Russie)
Certes, des mécanismes nationaux sont en place pour au moins amortir les effets de cette crise : poursuite de la « gestion des affaires courantes » par un gouvernement éventuellement démissionnaire ou en cas de dissolution du Parlement, reconduction du budget en cours jusqu’au vote d’une nouvelle loi de finances, garantie des versements dus aux organisations internationales, … De plus, la conduite des relations extérieures - y compris européennes - demeure très largement du ressort du Président, institutionnellement autonome vis à vis du Gouvernement et du Parlement.
Toutefois, il est indéniable que l’on se trouve à nouveau dans la situation d’une « Europe malade de la France » déjà évoquée à la veille de l’élection présidentielle de 2022 et des élections européennes de 2024.
Dans deux notes successives (1) , nous estimions ici à l’époque que le malaise social du pays était assez largement - même si confusément - provoqué par l’écart croissant entre les revenus et les patrimoines d’une petite minorité de personnes et ceux de la majorité des français. Et nous relevions l’inadéquation du système fiscal en vigueur pour corriger ou au moins freiner l’aggravation de ce phénomène.
Ce constat est à nouveau partagé par de nombreux observateurs en cet automne 2025 (2) : l’injustice fiscale nourrit le malaise social - alors même que des mécanismes simples d’atténuation de cette injustice pourraient être mis en oeuvre dans le cadre de la prochaine loi de finances. On veut parler ici des différents systèmes possibles de taxation des patrimoines les plus élevés en discussion depuis plusieurs années mais encore bloqués par le gouvernement, le Sénat (3) et, semble-t-il, par le Président lui même.
(Notons au passage que, selon certaines estimations, cette taxe pourrait rapporter jusqu’à 40 milliards d’euros - soit 10 fois plus que la suppression des deux jours fériés tant contestée par l’opposition et l’opinion - et diminuer d’autant le déficit budgétaire courant.)
De fait, de timides allusions à cette taxe sont à présent faites - in extremis - dans les milieux gouvernementaux, principalement dans l’espoir de désamorcer au moins provisoirement les menaces immédiates de crises politique et sociale graves. Il est également fait opportunément référence à de nouveaux mécanismes de lutte contre l’optimisation/évasion fiscales.
Certes, de sérieuses objections peuvent être avancées (notamment le risque de « fuite des riches »). Toutefois, à ce stade avancé du débat, il semble que tout devrait être tenté pour éviter l’explosion politique et sociale qui menace la France et, au delà, la stabilité de l’UE déjà confrontée à de redoutables défis extérieurs.
Conçue et présentée comme une mesure de justice et de solidarité (4), clairement motivée et légitimée, l’introduction de cette taxe permettrait peut-être de faire « l’économie » d’une crise dont ni la France ni l’Europe n’ont vraiment besoin dans les circonstances actuelles.
Jean-Guy Giraud
28 - 08 - 2025
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(1) https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/l-europe-malade-de-la-france - et - https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/élection-présidentielle-polémiques-fiscales-et-engagement-européen-de-la-france
(2) - « un écart d’imposition béant existe bel et bien entre les super-riches et le Français moyen » .
- « pour les milliardaires (…), le taux de prélèvements obligatoires s’effondre à 26 % environ tout compris (contre 52% pour la moyenne des contribuables).
- « il est (…) désormais clair que l’imposition des ultra-riches a un rôle à jouer dans la résolution de l’équation budgétaire de la France, du simple fait des masses en jeu »
- « il n’est « pas logique » qu’un ménage détenant plusieurs dizaines de millions d’euros puisse thésauriser son épargne dans une société holding et financer ainsi son train de vie tout en ne payant aucun impôt sur le revenu »
(Le Grand Continent https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/02/taxe-zucman-reponses/ 2 Juillet 2025)
(3) le 20 février 2025, l’Assemblée a adopté un projet de taxe de 2 % sur le patrimoine des 1 800 Français détenant plus de 100 millions d’euros. Rejeté par le Sénat, ce projet est en voie d’examen en 2ème lecture à l’Assemblée
(4) de janvier 2014 à décembre 2023 une « taxe de solidarité » de 6% à 7% a été prélevée sur les salaires des … fonctionnaires européens
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