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NOMINATION DU PROCHAIN SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : QUEL RÔLE POUR L'UE ?

  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture

Succédant à M. Antonio Guterres , le 10 ème Secrétaire général des Nations Unies sera élu en décembre 2026 pour un mandat renouvelable de 5 ans à partir du 1 janvier 2027 par l’Assemblée Générale sur proposition du Conseil de Sécurité qui débutera ses délibérations en Juillet 2026.  

 

Selon la procédure en vigueur, les candidats sont présentés par un ou plusieurs États membres et font l’objet d’auditions préalables. Le Conseil choisit un des candidats à la majorité de ses 15 membres (dont les cinq permanents disposent d’un droit de veto). L’Assemblée Générale est alors saisie de cette candidature et procède à l’élection à la majorité de ses membres. 

 

Seulement quatre candidats sont en lice dont trois originaires d’Amérique du Sud et un d’Afrique : Michelle Bachelet (Chili) - Rafael Grossi (Argentine) - Rebecca Grynspan (Costa Rica) - Macky Sall (Sénégal). Il est généralement admis que le prochain Secrétaire Général devrait être originaire d’Amérique latine et qu’une candidature féminine serait favorisée. 

 

Bien que cette élection ne semble pas susciter un intérêt immodéré en Europe, on peut tout de même s’interroger sur l’influence que l’Union européenne devrait ou pourrait y exercer. 

 

Rappelons tout d’abord pour mémoire que, selon le TUE « les États membres coordonnent leur action au sein des organisations internationales » et que « les États membres qui siègent au Conseil de sécurité se coordonneront avec les autres États membres » (art. 34 TUE).  

 

Plus fondamentalement et au vu de la situation internationale actuelle, l’UE devrait s’attacher à renforcer l’action des Nations Unies pour la pacification voire le règlement des graves conflits en cours, notamment au Moyen Orient et en Ukraine. Et saisir toute occasion pour plaider en faveur du respect de la Charte, des Conventions et du droit international. À cet égard, le rôle du Secrétaire Général ne devrait pas être sous-estimé - en sa qualité de chef d’une importante et puissante administration d’envergure mondiale.

 

Dès lors, on pourrait imaginer que l’UE s’efforce de présenter une position commune susceptible d’influencer cette élection.  

 

Elle dispose pour cela de plusieurs atouts. Au sein du Conseil, la France siège en tant que membre permanent (avec droit de veto). Trois des 15 membres du Conseil font actuellement partie de l’UE  (DK/GR/LET) et occuperont la Présidence mensuelle - ainsi que la France - au cours de deuxième semestre. Au sein de l’Assemblée générale, le groupe des 27 représente 14% des voix. D’autre part, plusieurs des États membres de l’UE (dont la France) exercent traditionnellement une certaine influence sur les positions de plusieurs pays ou groupes de pays au sein de l’Assemblée. (notamment africains). 

 

À ce jour, il semble que Mme Michèle Bachelet soit la mieux placée pour l’emporter et que sa candidature soit susceptible d’être soutenue par les 27 - ainsi que par le RU.  

 

Toutefois, du fait des circonstances internationales particulièrement troublées, les positions de 3 membres permanents (US/RUS/CHI) apparaissent très incertaines et des blocages - voire de nouvelles candidatures - ne sont pas à exclure. On connait notamment la position assez hostile de l’Administration Trump vis à vis de l’ONU et ses tentatives de contournement (Cf. la création du « Conseil de la Paix » au sujet du conflit de Gaza). Raison de plus pour permettre au groupe de l’UE d’exercer une influence modératrice et constructive. 

 

L’historique de la collaboration/coordination au sein de ce groupe est assez contrastée. Les diplomates européens en poste aux Nations Unies assurent y veiller (1) mais plusieurs expériences récentes se sont avérées plutôt négatives (2). Le Service diplomatique d’action extérieure et la Haute Représentante de l’UE auront certainement un rôle à jouer.     

 

Même s’il demeure pour l’instant hors des radars médiatiques, le choix du futur Secrétaire général des Nations Unies pourrait être déterminant pour l’avenir d’une organisation à laquelle ont été confiées les redoutables missions du maintien de la paix et du respect du droit au niveau mondial. L’Union européenne s’en est fait le champion - par tradition mais aussi par défaut … Elle ne doit pas manquer cette occasion de peser sur cette décision.

 

Sans oublier le rôle exemplaire joué par le précédent Secrétaire Général d’origine européenne - M. Antonio Guterres - dont la voix souvent solitaire a, à plusieurs reprises, tenté de sauver l’honneur de son organisation (3). 

 

 

Jean-Guy Giraud 

09 05 2026

 

NB Sur le site https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com une case en bas de page est ouverte aux commentaires

 

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