Rechercher

L'UE ET LE BOYCOTT DIPLOMATIQUE DES JO EN CHINE - suite 1



Faute d’accord au sein du Conseil informel du 14 Janvier 2022 à Brest, l’UE n’a pas pris de position commune sur la question du “boycott diplomatique” des JO d’hiver en Chine. Il semble que cette question n’ait même pas été abordée alors que le sujet général des relations UE/Chine ait fait l’objet d’un débat assez approfondi - sans conclusions précises toutefois.


En conséquence, chacun des Etats membres a pris des dispositions unilatérales dispersées, allant de l’envoi de Chefs d’Etat (Pologne et Luxembourg notamment) au boycott déclaré en passant par l’envoi de personnalités de deuxième rang (France par exemple).


L’affaire était certes délicate tant sur le principe même du boycott politique d’événements sportifs que sur le risque de mesures chinoises de rétorsion. La position de la France (qui préside le Conseil) était elle même passablement ambiguë et son gouvernement n’a finalement pas tenté de dégager une solution commune.


Pour sa part, le Parlement européen s’était prononcé dès Juillet 2021 et il avait invité les Etats membres à "refuser l’invitation de représentants gouvernementaux et de diplomates à assister aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022, à moins que le gouvernement chinois ne démontre une amélioration vérifiable de la situation des droits de l’homme à Hong Kong, dans la région ouïghoure du Xinjiang, au Tibet, en Mongolie intérieure et ailleurs en Chine” .


Nous avions rappelé ici qu’en dépit de désaccords au sein du Conseil, une éventuelle position majoritaire des Etats membres en faveur d’une forme commune du boycott aurait pu être trouvée et officialisée comme la position de l’UE.


Au total, la presse a relevé une fois de plus l’incapacité du Conseil - et donc de l’UE - de s’entendre sur des mesures concrètes de politique extérieure, fussent-elles purement diplomatiques. .


La Chine - et accessoirement la Russie - se sont sans doute réjouis de ce signe supplémentaire de division et d'impuissance européennes. Les alliés de l’UE - qui ont au contraire su trouver une position commune favorable au boycott (UK, USA,Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Japon, …) y verront, en plus, un manque de solidarité particulièrement fâcheux dans le contexte international actuel.



Jean-Guy Giraud 04/02/2022