top of page
Rechercher

LE "BOARD OF PEACE" SYMBOLE DE LA DÉSUNION EUROPÉENNE 

  • il y a 15 heures
  • 4 min de lecture

La première réunion « plénière » du Board of Peace (BoP) s’est tenue s’est tenue à Washington le 19 Février 2026 dans son siège dédié par les États Unis. . 

 

Pour rappel, ce Board été créé par une résolution du Conseil de Sécurité des N-U du 17 Novembre 2025 (1) qui a approuvé le « Plan de Paix pour Gaza » en 20 points, présenté par le Président Trump. 

 

Le BoP est conçu comme une « administration transitoire » essentiellement chargée de "coordonner les efforts de reconstruction de Gaza ». Il est mandaté pour établir une « Force Internationale de stabilisation » temporaire. 

 

Tous les membres du Conseil de Sécurité ont voté en faveur du Plan (dont la France et le Royaume Uni) à l’exception de la Russie et de la Chine qui se sont abstenues. 

 

La Russie a motivé son abstention en relevant qu’il s’agit d’une initiative américaine octroyant au BoP un « contrôle complet sur la bande de Gaza selon des modalités non précisées » (2).

 

 

Une « machine de guerre » contre l’ONU ? 

Effectivement, dans son surprenant discours d’inauguration (3) - le Président Trump n’a guère donné de précisions sur les objectifs et le fonctionnement du BoP - ni sur le sort de Gaza ou le règlement du conflit, alors même que l’armée et les colons israéliens poursuivaient leur offensive meurtrière et destructrice sur l’ensemble des territoires palestiniens et que se précisaient les menaces d’offensive générale des États Unis contre l’Iran.  

 

Il est au contraire apparu - presqu’incidemment - qu’il entendait confier au BoP une mission beaucoup plus large que prévu. Après avoir qualifié le BoP de « conseil le plus prestigieux jamais constitué (…) rassemblant les plus grands leaders mondiaux », il a semblé vouloir en faire l'embryon d’une organisation internationale  parallèle - voire rivale - à celle de Nations Unies, allant jusqu’à déclarer « le BoP va quasiment superviser les Nations Unies et s’assurer qu’elles fonctionnent correctement ». Et ceci dans le contexte des mesures prises par les États Unis pour affaiblir cette organisation en réduisant son financement, en se retirant de certaines de ses agences et, plus largement, en minant les bases de la Charte et du droit international. 



La dispersion des positions au sein de l'UE

C’est dans ce contexte préoccupant qu’il faut apprécier la réaction très dispersée des États membres de l’UE vis à vis de cette initiative américaine ainsi que le montrent leurs différentes réponses à l‘invitation de participation à la « cérémonie » d’inauguration du BoP. Il semble qu’une vingtaine de ces États aient reçu cette invitation et que leurs réponses aient été les suivantes :

 

  • 8 EM ont officiellement refusé de participer dont la France, l’Allemagne et l’Espagne - ainsi que le Royaume Uni (4)

  • 2 EM ont officiellement accepté de faire partie du BoP : la Hongrie et et la Bulgarie

  • 8 EM ont participer à titre d’ « observateurs » dont l’Italie et la Pologne (5)

 

En même temps, l’UE était représentée (en temps qu’« observateur ») par un membre de la Commission, Mme Dubravka Šuica en charge du « Pacte pour la Méditerranée » et associée à la Haute Représentante sur la question palestinienne. Cette délégation a elle-même provoqué une polémique : certains États membres (dont la France) ont reproché à la Présidente de la Commission de ne pas les avoir consultés avant de dépêcher cette émissaire et d’avoir ainsi outrepassé ses compétences en la matière. 

 


La faiblesse de la politique étrangère de l'UE

On le voit : cette affaire est symptomatique des divisions entre les États - voire entre les Institutions elles mêmes - dès que surgissent de délicates questions de politique étrangère. En l’occurence, on constate en particulier les divergences de positions au sein même du groupe des principaux États membres ( France/Allemagne/Espagne d’un côté et Italie/Pologne de l’autre). Divisions et divergences que l’on retrouve de plus en plus fréquemment au sein des Institutions internationales - et notamment des Nations Unies - comme nous l’avons relevé ici à plusieurs reprises (6) . 

 

Au vu de l’ampleur prise par la stratégie américaine (ou au moins trumpienne) de bouleversement de l’ordre et du système internationaux en proie à de graves crises stratégiques - cette incapacité de l’Europe à définir et défendre ses propres conceptions et intérêts communs apparait de plus en plus préoccupante.  

 

 

Jean-Guy Giraud

21 - 02 - 2026 


____________________________________________

 

(2) De fait, le Conseil exécutif du Board - présidé par Donald Trump - est composé de 11 membres dont 5 sont des officiels ou des hommes d’affaires américains proches du Président qui y joue un rôle prédominant.

(3) voir le texte complet et commenté du discours - très inhabituel … - dans https://legrandcontinent.eu/fr/2026/02/19/donald-trump-le-discours-integral-du-board-of-peace/

(4) les autres EM sont :  Autriche - Croatie - Irlande - Slovénie - Suède 

(5) les autres EM sont : Chypre - Finlande - Grèce - Roumanie - Slovaquie - Tchéquie

(6) Voir aussi : 

 
 
 

Commentaires


©2018 by Ventotene. Proudly created with Wix.com

bottom of page