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AUX ETATS-UNIS, LA « HIGH DOLLAR RACE » DES MID-TERMS (3/11/26)  

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

 

 

La financiarisation des élections américaines atteint des sommets à l’occasion de la campagne pour les élections législatives de mi-mandat. Les donations des sympathisants des deux partis se chiffrent en dizaines de millions de dollars dont les principaux bénéficiaires sont les candidats républicains.

 


Le cas du Maine 

Ce phénomène est illustré de façon spectaculaire par la campagne relative l’élection d’un sénateur de l’État du Maine (1)

 

La candidate républicaine (Senator Susan Collins's) y est soutenue par un réseau organisé de milliardaires (un « Super Pac ») - sans relations directes avec cet État (« out-of-state donations » ) - mettant à sa disposition et à celle du parti une aide financière considérable, bien supérieure à celle dont dispose son adversaire démocrate (Troy Jackson) fournie principalement par les dons individuels beaucoup plus modestes de citoyens du Maine.  

 

Le « Super Pac » républicain allié au Senator Collins’s rassemble à travers le pays une centaine de milliardaires dont la majorité ont fait fortune dans le secteur de la finance (alternative investments, including hedge funds and private equity) ou des plateformes numériques.  

 

Cette « fund raising machine » est conduite par un groupe de chefs d’entreprise parmi les plus fortunés au monde tels que Paul Singer (Elliot), Ken Griffin (Citadel Sec), Stephen Schwartzman (Blackstone), Jim Davis (New Balance), Alex Karp (Palantir), Miriam Adelson (Casinos)... La fortune combinée des membres du « Super Pac » est estimée à près de 900 milliards de dollars - soit neuf fois plus que le PNB de l’État du Maine. Aucun d’eux ne réside dans cet État. 

 


Au niveau fédéral

On estime que, au niveau fédéral, près de 20% des contributions financières aux campagnes électorales sont fournies par les milliardaires. Il faut rappeler au passage que - suite à deux décisions de la Federal Election Commission et de la Cour Suprême - ce type de financement par des « Super Pacs » a été jugé légal en vertu du premier amendement de la Constitution (liberté d’expression). 

 

Pour la plupart des observateurs, la situation ainsi créée « is not a level playing field by any stretch of the imagination ». Tout en constatant avec un réalisme désabusé :  «That’s just the way politics works ».

 

Cette financiarisation des élections américaines n’est pas un phénomène nouveau. Elle prend toutefois une ampleur spectaculaire et croissante du fait de la multiplication accélérée du nombre des milliardaires (et donc de la hausse vertigineuse des fonds disponibles) ainsi que de la libéralisation quasi totale des règles de financement des campagnes et des partis. Au surplus, elle provoque un déséquilibre politique déstabilisant dans la mesure où elle représente une prime en faveur du parti républicain plus proche des nouveaux détenteurs de grandes fortunes. Le temps ne parait donc plus éloigné où l’intervention financière de quelques milliardaires pourrait - non plus seulement influencer les résultats électoraux - mais en prédéterminer largement le résultat. 

 


En Europe

Cette situation devrait être observée avec attention par les milieux politiques et l’opinion publique européens. À ce jour, la réglementation des campagnes électorales est de la compétence de chaque État membre. Dans une large mesure, elle fait obstacle à de telles dérives (sauf peut-être au Royaume Uni). Mais l’évolution des capacités financières des grands influenceurs suit celle constatée aux États-Unis. 

 

Serait-il donc opportun de dresser au niveau européen - sinon des règles précises - du moins certains principes sur le financement de ces campagnes voire des partis politiques ? Il existe bien un « Code de bonne conduite en matière de procédure électorale » adopté dans le cadre du Conseil de l’Europe en …2002. Mais il n’aborde pas directement la question du financement privé. Une mise à jour au moins sur ce thème serait peut-être opportune. 

 


Jean-guy Giraud

26 - 07 - 2026


 

NB Pour les midterms sénatoriales, l’État du Maine est considéré comme un des swing-states susceptibles de renverser la majorité républicaine. La sénatrice sortante - Mrs Collins’s - est la Présidente de l’influent « Committee on appropriations » responsable des financements fédéraux. Plutôt modérée sur le plan de la politique intérieure, Mrs Collins a, en politique étrangère, notamment soutenu la politique pro-israélienne du Président Trump. À noter que le camp démocrate a été déstabilisé par le retrait subit de son candidat initial (Graham Platner).

 

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(1) voir : 

 
 
 

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