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"MORE DEFENSE IN EUROPE" : TROIS PISTES ... ET UN TRAITÉ ? 

  • il y a 6 heures
  • 3 min de lecture


La question de la Défense Européenne suscite de nombreuses et croissantes discussions et négociations tant dans le cercle officiel des États membres et des Institutions qu’au sein des centres de recherche.

 

En tenant compte de l’état actuel de ce débat, un think tank bruxellois a récemment tenté de résumer trois différentes approches possibles de la question - à vrai dire plus complémentaires qu’exclusives. 

 

Dans un rapport intitulé « More Europe in Defense », le Center for European Policy studies (CEPS) détaille et évalue chacune de ces approches (1) : 



Trois cadres possibles ...

 

  1. « A more European Nato » : l’Europe devrait rester pleinement engagée dans l’alliance tout en s’efforçant d’y constituer un «  pilier » propre conforté par un ré-armement de ses membres et en mesure de participer plus directement et de façon plus autonome à sa direction et ses opérations.

  2. « A new European Multilateralism » :  sur la base des nombreux accords de défense séparés (bilatéraux et multilatéraux) conclus par les États européens sur le mode intergouvernemental, ceux-ci mettraient sur pied un mécanisme global de consultation et de décision qui resterait compatible avec celui de l’OTAN - mais non dépendant de celui-ci. 

  3. « EU-led Defense Cooperation » : en se basant sur la clause de défense mutuelle prévue par le traité (art. 47§2 TUE), les États membres de l’UE s’attacheraient à préciser et formaliser les procédures de mise en oeuvre effective de cette clause tout en s’appuyant sur les différents outils déjà disponibles au sein de l’Union. 

 

De fait, chacun des ces trois cadres possibles d’édification d’une Défense Européenne fait déjà l’objet non seulement de réflexions officielles mais aussi de mesures partielles et séparées de concrétisation. Sans toutefois que n’émergent encore clairement ni un concept ni une structure d’ensemble vraiment clairs susceptible de trancher entre - ou de concilier - ces trois approches. 

 

L’étude susvisée du CEPS a le mérite non seulement de répertorier et classer avec précision les différentes avancées - mais aussi de proposer des pistes spécifiques pour la poursuite des négociations dans chacune d’entre elles. Une telle approche objective, réaliste et de nature incrémentale apporte une contribution utile à un débat trop souvent éclaté et dispersé. 

 


… mais sans superstructure politique commune 


Mais cette étude s’abstient - volontairement sans doute - de poser LA question fondamentale : ces différentes avancées sont-elles réellement à la mesure du défi cad de la gravité de la situation stratégique actuelle de l’Europe ? Leur caractère plutôt laborieux, progressif, parcellaire et peu coordonné - largement délégué à des instances techniques parfois rivales - est-il bien adapté à l’explosivité du contexte européen et international immédiat dans lequel l’Europe se trouve, malgré elle, plongée en ce moment même ? 

 

Autrement dit - et tout en poursuivant l’approche « par le bas » - la gravité du moment ne justifierait-elle pas une réaction « par le haut » c’est à dire un engagement formel et solennel au plus au niveau scellant la détermination des États européens à assurer collectivement et solidairement leur défense si le pire - cad une agression caractérisée contre l’un d’entre eux - devait se produire ? Cet engagement pourrait prendre la forme d’une alliance matérialisée par un Traité de Défense de l’Union Européenne, conclu entre les États volontaires et capables de l’UE - ouvert à tous ses membres ainsi qu’ à l’association avec des pays tiers proches (tels que le RU et l’Ukraine) et lié aux systèmes de l’UE comme de l’OTAN. 

 

Encore un «Traité » …? Oui - parce que la crédibilité et la durabilité d’une telle alliance exigerait plus qu’une énième déclaration même « solennelle ». De plus, il ne s’agirait pas de créer encore une nouvelle organisation mais de sceller un Pacte entre des États (et non seulement des Gouvernements en place), pacte dont la brièveté témoignerait de sa fermeté et qui ne nécessiterait pas de complexes négociations préalables. Et, puisque « the proof of the pudding is here in the drafting », on peut s’aventurer à un tel exercice : PROJET DE TRAITÉ DE DÉFENSE DE L’UNION EUROPÉENNE .

 

 

Jean-Guy Giraud

20 - 05 - 2026

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