MERCOSUR : A MEETING OF TWO CONTINENTS
- giraudjeanbaptiste0
- il y a 22 heures
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Ce 17 janvier 2026, à Asuncion (Paraguay ) (1), la Présidente de la Commission a signé, au nom de l’Union européenne, l’accord de partenariat UE- MERCOSUR (2) avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay.
Dans son discours, Mme Von der Layen a d’abord souligné l’ampleur inégalée cet accord qui vise à relier deux continents et à créer la plus vaste zone de libre-échange du monde (20% du PIB mondial et 700 millions de citoyens).
Elle a ensuite développé les avantages économiques de l’accord, sa contribution à la protection de la nature et du climat et sa portée géopolitique.
La signature de cet accord cloture une très longue négociation interrompue à plusieurs reprises par une succession de bouleversements politiques en Amérique latine et freinée par de persistantes hésitations au sein de l’UE.
Elle intervient au moment même où l’UE se trouve isolée face aux trois grandes puissances dont deux au moins (USA et Chine) effectuent de fortes pressions politiques et économiques sur le continent latino-américain.
De sorte que, effectivement, la signification géo-stratégique de cet accord pour l’Europe ne saurait être sous-estimée.
Voici le texte de ce discours (notre sur lignage) :
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi un honneur d'être ici avec vous dans la magnifique ville d'Asunción, au cœur de l'Amérique latine, et dans l'enceinte même où le traité fondateur du Mercosur a été signé. Cet endroit est chargé d'histoire, il nous rappelle ce moment où des nations d'Amérique latine ont choisi la coopération plutôt que la division, ont rejeté la rivalité et réaffirmé la démocratie et ont réuni les peuples par-delà les frontières et les fleuves. En tant qu'Européenne, ce choix ne peut que faire écho en moi et m'inspirer le plus grand respect pour l'ambition et le courage qu'il a exigés. Mon premier message est donc simple : merci de nous réunir et de nous accueillir en ce lieu historique. Aguyje, Paraguay.
Mais ce moment-ci appartient à toutes les nations du Mercosur : à l'Argentine, au Brésil, à l'Uruguay et au Paraguay. Car il ne s'agit pas seulement cette fois de rassembler des pays, mais de relier des continents, et chacun des pays du Mercosur a travaillé dur pour parvenir à ce résultat. Ainsi, aujourd'hui, dans cette enceinte, nous signons une fois de plus un document important, un nouveau partenariat entre le Mercosur et l'Europe. Cela fait 25 ans que cet accord est en gestation. Bien des mains ont contribué à le façonner sans relâche. Il a survécu à des changements de gouvernement et à une pléthore de réunions. Et nous savons tous qu'il a encore fallu un dernier effort, au tout dernier moment, pour que nous soyons réunis ici aujourd'hui. Nous sommes en train de créer la zone de libre-échange la plus vaste du monde, un marché qui représente près de 20 % du PIB mondial. Un marché qui offrira d'innombrables opportunités à nos 700 millions de citoyens. Cet accord envoie un signal fort au monde. Il est l'expression d'un choix clair et délibéré. Nous choisissons le commerce loyal plutôt que les tarifs douaniers, nous choisissons un partenariat productif à long terme, et, surtout, nous avons l'intention d'apporter des avantages tangibles à nos peuples et à nos entreprises.
Permettez-moi de souligner trois points.
Premièrement, les avantages économiques de ce partenariat. Ils sont clairs comme de l'eau de roche. Aujourd'hui déjà, l'Europe est le deuxième plus grand partenaire commercial du Mercosur et le premier investisseur étranger dans la région. Cet accord supprimera les droits de douane et autres entraves au commerce, il ouvrira les marchés publics. Il fournira un cadre clair fondé sur des règles afin d'encourager la circulation des investissements et des marchandises. Et cela profitera grandement aux entreprises des deux parties, y compris les 30 000 PME européennes qui exportent déjà vers cette grande région. Une augmentation des exportations créera également des emplois, aussi bien ici qu'en Europe.
Deuxième point : je tiens à souligner la manière dont cet accord va servir nos ambitions en lien avec la protection de la nature et du climat. Il contient un chapitre important sur le commerce et le développement durable. Par cet accord, nous nous engageons à nous aider mutuellement à opérer la transition vers la neutralité climatique. L'Europe obtiendra un meilleur accès aux matières premières dont elle a besoin pour accomplir sa transition, et des investissements européens soutiendront les pays du Mercosur dans leur propre transition. Voilà ce que devrait être le commerce international : des partenaires disposant d'atouts complémentaires qui s'épaulent mutuellement. Nos citoyens peuvent en être sûrs : les intérêts de leurs enfants et leurs petits-enfants comptent parmi nos préoccupations premières.
Troisième point : on ne saurait trop insister sur le poids géopolitique de cet accord. Nous œuvrons actuellement à la création d'une plateforme qui permettra de travailler sur toute une série d'enjeux planétaires, allant de la protection de notre environnement naturel, si précieux, à la réforme des institutions mondiales. Nous unirons nos forces comme jamais auparavant, parce que nous sommes convaincus que c'est la meilleure façon d'assurer la prospérité de nos peuples et de nos pays. Et, quand nos deux régions parleront d'une seule voix au sujet des problèmes mondiaux, le reste du monde prêtera l'oreille.
Mesdames et Messieurs,
J'ai récemment eu l'occasion d'en apprendre un peu plus sur le grand poète paraguayen Augusto Roa Bastos (3). Cet auteur a passé plusieurs années de sa vie en Europe — plus précisément en France, à Toulouse. Il y a non seulement fondé une famille, mais aussi enseigné la littérature latino-américaine et la langue guarani à des étudiants européens enthousiastes. Son histoire est aussi celle d'innombrables personnes, pas uniquement ici, au Paraguay, mais également en Argentine, au Brésil, en Uruguay et aux quatre coins de l'Europe. De personnes qui ont voyagé par-delà l'océan, qui ont noué des liens d'affection avec nos deux continents et qui les ont rendus meilleurs. Les liens entre le Mercosur et l'Europe sont profonds. Nous partageons une culture et des valeurs communes, et un cheminement semblable vers l'intégration régionale. Aujourd'hui, nous allons plus loin en actant un partenariat qui exprime toute l'ampleur de nos relations. Nous transformons notre amitié en une force accrue — pour le Mercosur comme pour l'Europe.
Pour finir, je tiens à vous remercier encore une fois de votre hospitalité. Longue vie à l'amitié entre l'Europe et le Mercosur. Muchas gracias. »
(Jean-Guy Giraud 19 - 01 2026)
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