L’ACTE MANQUÉ DU REFERENDUM ISLANDAIS (29 AOÛT 2026)
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Un referendum « à la va-vite »
une question théorique et spéculative sur une ouverture de négociations dont les résultats éventuels demeuraient indéterminés
aucune campagne d’information publique préalable au referendum sur la nature, les objectifs et le fonctionnement de l’UE (y compris sur les questions de « souveraineté » et sur la politique européenne de la pêche)
aucune implication du Gouvernement dans les débats pour expliquer les raisons de sa proposition ni pour en soutenir une issue positive
position de « réserve » (« the silence treatment » ) des Institutions et notamment de la Commission ne facilitant pas la clarification des enjeux (cf. pêche)
Une campagne politique déséquilibrée
faible mobilisation des partisans du OUI (sans organisation ni financement adéquats)
forte mobilisation des partisans du NON ( menée et financée par les grandes sociétés industrielles de pêche)
Un résultat peu significatif et contrasté
le NON l’emporte par 13.000 voix représentant 6% du corps électoral et 0,3% de la population
les partisans du OUI sont très majoritairement des citadins actifs, informés, éduqués et ouverts à l'international
les partisans du NON représentent principalement les populations âgées et celles des régions liées à la pêche (et à l’agriculture) - mais aussi la frange la plus jeune du pays
L’argument de « perte de souveraineté »
l'Islande est déjà étroitement insérée dans le système européen (AELE, EEE, Schengen, etc …)
encore en Juin 2026, l’Islande a signé un « partenariat de sécurité et de défense » avec l’UE
l’Islande aurait bénéficié de son appartenance au système financier et monétaire européen (EURO) et de sa participation à la PESC/PESD
L’argument de la pêche
l‘Islande aurait pu négocier une évolution équitable et progressive sur la répartition des ressources
le système islandais actuel, inégalitaire et monopolistique, des quotas de pêche aurait dû être aménagé
à terme, l’Islande devra de toute façon s’adapter à la raréfaction des ressources halieutiques et diversifier son économie
La question reste posée
le referendum était consultatif et un futur gouvernement pourra reposer (pour la troisième fois …) la question (cf. précédent irlandais sur le traité de Lisbonne)
tant sur le plan économique que géostratégique, l’Islande devra inévitablement renforcer ses liens avec l’UE
La réaction de l’UE
la Commission est demeurée aussi muette sur le débat que sur son résultat (cf. les précédents des referendums français en 2005 et britannique en 2016)
la plupart des États membres sont restés plutôt indifférents
cet « acte manqué » retarde pourtant la consolidation géo-stratégique du « security gap » du corridor arctique (1)
Jean-Guy GIRAUD
02 - 09 - 2026
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