FRANCE : LA PERSPECTIVE D'UNE ONCTION EXTRÊME ?
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« Un effondrement des partis qui refusent les extrêmes » : tel est le jugement de François Bayrou commentant les sondages relatifs à l’élection présidentielle (et aux élections législatives successives) (1).
De fait, les partis modérés de gauche, de droite et du centre sont de plus en plus distancés par les deux partis d’extrême gauche et droite. La perspective d’un duel présidentiel de 2ème tour entre leurs deux leaders s’affirme chaque jour d’avantage.
La chute des partis de gouvernement
La cause principale de cette situation réside dans le spectaculaire affaiblissement de ces partis dits « de gouvernement » tout au long des dix dernières années et dont le scrutin législatif de 2024 a révélé l’ampleur.
Cette dégringolade est due à de multiples facteurs cumulatifs dont les principaux sont de caractère interne et peuvent être très sommairement résumés ainsi :
parisianisme excessif des dirigeants et délaissement consécutif du pays réel (la « province »)
incapacité de recruter des adhérents faute d’intérêt, d'organisation et de financement adéquats
individualisme et rivalités au sein d’un petit cénacle de dirigeants « hors sol » obsédés par la « course » à la Présidence
absence d’efforts et de consensualité pour élaborer des programmes précis et clairs susceptibles de mobiliser l’électorat
négligence des structures partisanes régionales et locales
invisibilité dans les medias et réseaux sociaux faute de stratégie et de volonté/intérêt pour la communication politique
etc …
Le cas du parti « présidentiel »
Paradoxalement, le parti le plus affaibli est celui dont émane - depuis dix ans - le Président Macron.
On aurait pu penser que - tout au long de cette décennie - le Président aurait fait en sorte que ce parti - qui soutient ses propres idées - renforce ou tout au moins préserve sa place et son rôle dans la vie politique française. Certes, le Président en fonction n’est pas censé intervenir directement sur la scène politique (au sens partisan du terme). Mais il dispose de maints moyens et leviers indirects pour soutenir l’action du parti « qu’il connait le mieux », aider à son ancrage territorial et, surtout, faire en sorte que ce parti se dote de responsables locaux et nationaux de poids.
Il est tout particulièrement regrettable que le Président semble s’être désintéressé de la sélection d’un candidat présidentiel - son successeur potentiel - capable de rallier les forces politiques et l’électorat du centre et centre droit. Ce n’est pas leur faire injure que de constater que les candidats auto-proclamés de ce courant ne sont pas à la mesure de ce poste et de cette élection. Surtout face à des adversaires aussi expérimentés et appuyés sur des appareils politiques aussi puissants que ceux des deux extrêmes de droite et de gauche.
( D’ailleurs, on peut relever - collatéralement - que, dans l’exercice de son pouvoir de nomination (ministériel et administratif), le Président semble avoir privilégié le choix de personnes certes compétentes mais à très faible profil et expérience médiatique ou politique. Personnalités (parisiennes) de fait interchangeables et semblant effectuer - par brèves étapes - un parcours plus personnel que dédié aux fonctions qui leur étaient provisoirement confiées.)
Il était certes prévisible (sinon inévitable) que la popularité du Président - et donc du parti dont il est le plus proche - s’effrite en fin de deuxième mandat notamment du fait de circonstances éprouvantes (économiques, sanitaires, climatiques, etc …). Mais cette prévisibilité aurait dû justement le pousser à soutenir son courant politique dès le début du premier - ce qui d’ailleurs aurait pu lui éviter la déconvenue de la dissolution et de la défaite électorale de 2024.
Au total - comme il se trouve que le (les) partis représentatifs de la gauche modérée souffrent de maux comparables, en particulier pour le choix d’un candidat présidentiel crédible - la perspective d’une défaite des partis modérés dès le premier tour de l’élection présidentielle s’avère de plus en plus réaliste.
Au niveau de l'Europe
Même si des situations similaires semblent se profiler dans plusieurs autres États membres de l’Union, chaque situation nationale conserve ses propres caractéristiques et les responsabilités de leurs dirigeants respectifs demeurent entières.
Dans le cadre du présent blog - dédié aux questions européennes - c’est bien sûr l’impact possible (probable) d’une victoire en France d’un parti extrême, de gauche comme de droite, sur le fonctionnement interne de l’Union qui est à redouter. Une telle perspective est à présent très sérieusement envisagée à Bruxelles comme à Strasbourg (pour les élections européennes du printemps 2029). Elle fera sans doute l’objet de maintes analyses dans les prochains mois dont nous nous ferons ici l’écho.
Jean-Guy GIRAUD
27 - 08 - 2026
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