CEUTA : UN TROU DANS LA RAQUETTE DE DÉFENSE CYBERNÉTIQUE DE L’UE ?
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Il semble que la tentative d’invasion migratoire survenue à CEUTA le 30 Juillet 2026 ait été provoquée par de fausses annonces d’ « ouverture de la frontière espagnole » diffusées par les réseaux sociaux - peut-être à l’instigation d’officines malveillantes spécialisées dans ce genre d’attaques cybernétiques, éventuellement instrumentalisées par des puissances étrangères.
À ce stade préliminaire des investigations en cours, trois constatations peuvent déjà être faites :
la préparation de cette supposée attaque n’avait pas été décelée en amont par les services spécialisés nationaux ou européens
une fois déclenchée, cette attaque n’a pas pu être contrée de quelque manière par ces mêmes services
son origine et son déroulement demeurent toujours inconnus et l’enquête en cours s’annonce longue et complexe.
L’UE démunie face aux menaces cybernétiques hybrides
Dans un récent article très documenté publié sur le site Academia (1), un spécialiste des menaces hybrides et de la « cyberconflictualité » - M. Patrice Cardot - explique comment « des attaques hybrides, combinant désinformation, manipulations algorithmiques et potentiellement des neurotechnologies, peuvent déstabiliser un État membre en quelques heures »
Nous laissons les lecteurs découvrir la relation détaillée des faits ainsi que l’ampleur de la menace pesant - sous toute une série de formes - sur la sécurité cybernétique des États et notamment ceux de l’UE.
Mais nous attirons leur attention sur la principale conclusion de l’étude (voir annexe) : « malgré la multiplicité des agences et structures dédiées à la sécurité en Europe, aucune ne parvient à offrir une réponse globale et efficaces aux menaces hybrides » et notamment les cyberattaques.
L’auteur y décrit minutieusement l’ « éclatement » de la demi douzaine de structures qui, à l’échelle européenne, sont censées assurer la protection contre ces menaces à des niveaux et selon des modalités diverses.
Il relève notamment que :
aucune de ces structures n’a de mandat général couvrant l’ensemble des menaces hybrides et n’est même de coordonner une réponse globale,
aucune n’est dotée de pouvoirs d’enquête, de sanctions ou de capacité de réaction sur l’ensemble du spectre,
leurs moyens humains et budgétaires sont limités et instables.
Il constate que cette situation est due à un manque de volonté politique de la part des États membres dont les propres services sont pourtant tout aussi démunis face à cette nouvelle génération de menaces hybrides.
Il parvient à la conclusion que, pour combler cette déficience et cette vulnérabilité, il serait opportun que
soit de créer une nouvelle Agence européenne dédiée dotée d’un mandat et de moyens adaptés
soit que soit renforcée une structure existante : l' HybridCoe (2) déjà compétente dans ce domaine.
agences et structures dédiées à la sécurité en Europe, aucune ne parvient à offrir une réponse globale et efficace face aux menaces hybrides
La défense cybernétique doit faire partie de la « défense commune » européenne
Alors que se multiplient - au sein de l’UE ou de provenance étrangère - des attaques cybernétiques menaçant notamment des structures ou installations névralgiques, seule une défense coordonnée des États membres agences et structures dédiées à la sécurité en Europe, aucune ne parvient à offrir une réponse globale et est susceptible d’y répondre efficacement. Les instances européennes en sont d’ailleurs bien conscientes.
Mais de nombreux obstacles politico-administratifs freinent encore une nécessaire mutualisation des outils et mesures de protection.
Il est pourtant urgent de reconnaitre que la défense cybernétique doit dorénavant faire partie du projet global de « défense commune » telle que prévue par les Traités (art. 42§2 TUE).
Jean-Guy Giraud
07 - 08 - 2026
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