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AUX NATIONS-UNIES, L'EUROPE DOIT CESSER D'ÊTRE RIDICULE - suite 2

Le 12 décembre 2023 à New York, l’Assemblée Générale des Nations-Unies s’est à nouveau (1) prononcée sur une résolution relative à à la situation des populations civiles victimes du blocus et des bombardements/incursions militaires israéliens à Gaza.


Le vote portait plus précisément sur « la protection des populations civiles et le respect des obligations légales et humanitaires ».


Cette même résolution avait été rejetée quelques jours plus tôt par le Conseil de Sécurité du fait du veto exercé par la délégation américaine. Le Secrétaire Général des Nations-Unies avait alors fait un usage exceptionnel de ses prérogatives propres en soumettant ce texte au vote de l’Assemblée générale.


Ce 12 décembre, l’Assemblée a adopté cette résolution à une très forte majorité (plus forte que lors du vote précédent du 27 octobre) : 153 pour / 10 contre / 23 abstentions (2).


Mais, comme le 27 octobre 2023 , les 27 États membres ont à nouveau éparpillé leurs votes de la façon suivante :


  • 17 pour (8)

  • 2 contre (4) : Autriche et République tchèque

  • 8 abstentions (15) : Bulgarie, Allemagne, Hongrie, Italie, Lithuanie, Pays Bas, Roumanie,Slovaquie


Ce nouveau vote européen - bien qu’un peu moins dispersé - appelle les remarques suivantes :


  • 10 États membres de l’UE ont choisi de se ranger dans la faible minorité (très disparate et peu significative/représentative) des États membres des NU qui ont voté contre la résolution ou se sont abstenus (3),

  • on voit mal quelles raisons objectives (cad liées à la situation sur le terrain) ont pu pousser ces 10 États à se désolidariser des 17 autres sans aucun bénéfice diplomatique pour eux mêmes et au détriment de la position internationale de l’UE,

  • parmi ces 10 États membres, il est surprenant de trouver des États tels que l’Allemagne, l’Italie et les Pays Bas, ainsi associés à 7 autres États du centre et de l’est de l’UE plus coutumiers du fait.


En agissant ainsi, ces États membres empêchent l’Union de peser de tout son poids en faveur d’une solution négociée du conflit palestinien dont les conséquences internationales sont susceptibles d’affecter directement la sécurité de l’Europe. Ils participent également à l’affaiblissement de l’organisation des Nations-Unies mise en cause par certains acteurs du conflit.


Une fois encore, l’exigence d’unanimité en matière de politique étrangère empêche l’UE de défendre efficacement ses intérêts communs au niveau international. 



L’expérience montre pourtant que, dans une UE27+, il est illusoire d’espérer que toutes les diplomaties des gouvernements en place à l’instant T fassent preuve de la rationalité et de la solidarité implicitement prévues par les traités. Dès lors apparait clairement la nécessité de permettre à l’UE de se prononcer par voie majoritaire. La formation de cette majorité peut d’ailleurs se réaliser de façon largement consensuelle et prenant en compte les intérêts essentiels de tous les États membres. De fait, le vote majoritaire permettrait notamment d’éviter les blocages causés par les positions circonstancielles de l’un ou l’autre dirigeant en violation de l’esprit et de la règle des traités.


Il est à présent clair que, faute de renoncer au droit individuel de veto, l’Union européenne affaiblit sa capacité d’action internationale dans un contexte mondial où elle devrait au contraire jouer un rôle stabilisateur et pacificateur. C’est vraiment très cher payer les prétentions ou les prétextes de souveraineté allégués pour des raisons diverse et changeantes par quelques uns de ses dirigeants d’occasion. 



Jean-Guy Giraud13 - 12 - 2023


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(1) un vote analogue de l’AG a eu lieu le 27 octobre 2023 : https://twitter.com/bruxelles2/status/1718169105767784642

(3) à part les USA et Israel, les États suivants ont voté contre la résolution: Guatemala, Liberia, Micronésie, Papouasie, Paraguay .  


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