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"LE SILENCE DES POISSONS"



Ce samedi 8 Décembre 2018 se croisent à Paris deux manifestations distinctes qui, sans doute, s’ignoreront : celle des Gilets Jaunes et celle de La Marche Mondiale pour le Climat.

Les deux sont légitimes (au moins dans leur principe) dans la mesure où elles soulèvent deux vrais problèmes : celui des “fins de mois” et celui de “la fin du monde”.

Problèmes qui affectent ou menacent plus particulièrement les mêmes catégories de la population.

Il est donc triste que l’objet principal (ou du moins immédiat) de la colère des premiers porte sur des taxes à vocation écologique préconisées par les seconds.

Plus largement, il est dommage que le coût de la protection du climat ne puisse être financé que par une aggravation de la pression fiscale générale alors que d’importants gisements de ressources publiques restent inexploités (comme par exemple ceux relatifs à la fraude fiscale à grande échelle).

Cette situation paradoxale est bien résumée dans un petit bijou d'encart publié par La Croix du 7 Décembre intitulé “Le silence des poissons” que nous livrons sans commentaire :

Le silence des poissons

ALAIN RÉMOND

"Et pendant ce temps-là une étude de l’Ifremer (Institut de recherche pour l’exploitation de la mer) nous apprend que la densité des poissons a diminué de 80 % en trente ans dans la baie de Somme. Elle est passée de 200 000 poissons au mètre carré à 40 000. Selon l’Ifremer, cette baisse alarmante est due principalement à la hausse de la température de l’eau. Ça s’appelle le réchauffement climatique. D’après ce qu’on sait, aucun chercheur de l’Ifremer n’a vu de poisson de la baie de Somme portant un gilet jaune. Les poissons de la baie de Somme meurent en silence. Et dans le plus grand silence. D’ici à 2100, disent ces mêmes chercheurs, la hausse des températures en baie de Somme pourrait atteindre 2,5 à 3 °C par rapport à la période actuelle, ce qui risque d’amplifier considérablement ce qu’ils appellent pudiquement les « effets néfastes » de ce réchauffement. On savait déjà qu’on allait vers un monde sans oiseaux, sans insectes, sans d’innombrables mammifères, gros et petits, de l’atèle à tête brune au tamarin pinché. On sait maintenant qu’on risque d’aller, aussi, vers un monde sans poissons. Au fait, il y a des manifestations dans toute la France, demain, pour alerter sur le changement climatique. Les « gilets jaunes » qui, eux aussi, ont prévu de manifester (qui l’ignore ?) expliquent qu’ils se soucient davantage de la fin du mois que de la fin du monde. Ce qui est sûr, c’est que le jour de la fin du monde, on aura tous l’air fin."


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