"NO PASARÀN ! " : PEDRO SANCHEZ À L'ONU

Parmi les discours prononcés devant l’Assemblée générale des Nations Unies (Sept. 2026), celui du Premier Ministre espagnol, M. Pedro Sanchez, a sans doute été l’un des plus clairs, engagés et courageux.
Son message principal (1) tient en ces deux phrases :
« Le multilatéralisme est le meilleur instrument dont dispose l’humanité pour gérer sa diversité et son interdépendance . Toutes les orientations dont nous avons besoin se trouvent ici : elles figurent dans la Charte des Nations unies. »
Et d’ajouter, comme un défi :
« Les forces réactionnaires qui veulent détruire l’ordre multilatéral ne cessent de nous attaquer pour cette raison. Elles veulent que nous nous laissions intimider. Elles veulent que nous capitulions. »
Non sans une certaine audace, il s’en est pris directement aux dirigeants qu’il estime à la fois responsables de la démolition du multilatéralisme et fauteurs de guerres illégales et de massacres de civils innocents. Et il a utilisé pour cela un language fort peu diplomatique mais particulièrement explicite dont voici les principaux extraits :
« Il s’agit donc d’une tentative de démolition planifiée et coordonnée, qui nous est présentée comme inéluctable et nécessaire.
Une cruauté qui ne bronche même plus à la vue des côtes saillantes d’un enfant affamé ou d’un hôpital réduit en ruines.
Je les ai vues traiter des millions d’êtres humains comme du bétail et retirer leur aide à ceux qui souffrent le plus de la pauvreté et de la maladie. Je les ai vues polluer l’atmosphère et l’océan comme s’ils leur appartenaient.
Et conspirer pour détruire cette organisation et tout ce qu’elle représente.
La plupart des voix qui s’obstinent aujourd’hui à critiquer le système des Nations unies ne décrivent pas son échec. Ce qu’elles cherchent à faire, c’est provoquer son échec. »
M. Sanchez a enfin, en quelques mots, résumé les objectifs prioritaires que devrait se fixer l’Organisation des Nations-Unies :
« Nous devons réformer le Conseil de sécurité. Afin que toutes les régions du monde soient représentées de manière équitable. Et pour mettre fin au droit de veto des membres permanents.
Nous devons renforcer des institutions telles que la Cour pénale internationale, afin qu’elles puissent enquêter, poursuivre et sanctionner ceux qui enfreignent les règles
Nous devons reconstruire l’architecture de la non-prolifération et du désarmement nucléaire
Nous devons imposer aux techno-oligarques une réglementation stricte qui contrôle le fonctionnement des réseaux sociaux et le développement de l’intelligence artificielle. »
Et de conclure avec une certaine bravoure : « Nous, les Espagnols, nous ne reculerons pas d’un pas » .
On eut souhaité pouvoir dire que le Premier ministre espagnol s’exprimait aussi au nom de l’Union européenne tout entière donnant ainsi, dans cette enceinte mondiale, plus de poids et d’impact à son plaidoyer.
Toutefois, on sait les nuances - voire les désaccords - qui divisent encore ses gouvernements - en particulier sur les relations avec les États visés (mais non cités : USA, Russie, israël) par M. Sanchez.
De sorte que les représentants officiels de l’UE présents à New York n’étaient pas en mesure de s’exprimer aussi clairement.
Si tous les État membres de l’UE s’accordent pour respecter la Charte des NU, ils ne semblent pas encore en mesure de respecter leur propre charte - en l’occurence le Traité de Lisbonne dont l’article 34 stipule :
« Les États membres coordonnent leur action au sein des organisations internationales »
Jean-Guy Giraud
27 - 09 - 2026
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