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ELECTION DE LA PRESIDENTE DE LA COMMISSION - suite 3



À quelques heures seulement du vote du Parlement sur l’élection de la Présidente de la Commission, la plus grande confusion semble régner au sein des groupes politiques et entre ceux-ci - ainsi d’ailleurs qu’au sein des délégations nationales et entre celles-ci. Les modalités du scrutin (les votes individuels sont “secrets") n’aident pas à la prise de responsabilité des parlementaires.


De multiples déclarations de nombreux "porte-paroles” parfois auto-proclamés entretiennent ce désordre que le nouveau Président du Parlement - lui-même peu expérimenté pour ce poste -  aura du mal à gérer.


Il faut dire que la décision du PE de procéder à ce vote dans un délai aussi bref (à peine 12 jours) après le choix du Conseil laisse peu de temps à la réflexion sereine de groupes politiques à peine constitués - ni à la bonne compréhension des règles et enjeux de la part de nombreux nouveaux membres.


Exiger impérieusement de la nouvelle Présidente-nommée qu’elle se prononce de façon catégorique sur tout une série de questions complexes et variées n’est pas raisonnable. 

Seule une "déclaration de politique générale" peut-être attendue d’elle à ce stade : le programme complet de la Commission pour le quinquennat ne pourra être présenté que par le collège dans le deuxième stade prévu par la procédure.


C’est au vu de cette présentation que le vote d’investiture de la Commission tout entière pourra avoir lieu en connaissance de cause - et notamment après les entretiens de tous les futurs commissaires par les commissions (et non pas par les groupes politiques) dont on peut attendre une écoute - mais aussi des exigences - plus responsables.


Pour ce qui concerne la nomination de Mme von der Leyden, il faut sans cesse rappeler que c’est la décision irréfléchie du PPE (en pratique de ses membres allemands) qui a créé le problème : si ce groupe avait choisi une personnalité de premier plan comme Michel Barnier - au lieu de son propre président sans expérience extra-parlementaire - la situation serait aujourd’hui beaucoup plus claire.


Vu l’état de confusion qui règne au sein du nouveau PE, le résultat du vote de ce 16 Juillet est imprévisible. Peut-être la décision la plus sage serait elle de reporter le scrutin à septembre dans l’espoir (incertain) que, d’ici là, le Parlement aura retrouvé une certaine sérénité et pourra se prononcer de façon ordonnée et responsable.



Jean-Guy Giraud  16 - 07 - 2019      

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