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PARLEMENT EUROPÉEN : LE CHOIX D'UN PRÉSIDENT



Le Parlement européen devrait procéder le 18 Janvier aux élections de midterm de son Président ainsi que d’autres responsables (Vice Président, Questeurs, commissions).


Toutefois, le décès subit du Président en exercice, M.David Sassoli, des désaccords persistants entre les groupes politiques et la contestation interne de la candidate du groupe PPE pourraient conduire à un report de cette élection.


Ce pourrait être l’occasion pour le PE de réfléchir plus avant au profil de son prochain Président et notamment à l’éventualité d’élire une personnalité de haut niveau susceptible de jouer un rôle plus actif au niveau inter-institutionnel.


Certes, la fonction principale du Président du Parlement est de nature interne (organisation des travaux parlementaires) et, accessoirement, externe (représentation de l’Institution).


Mais, au fil du temps, il a progressivement été amené à jouer un rôle politique dans la défense des positions de l’Assemblée vis à vis des autres Institutions et même des Etats membres. La principale illustration de cette évolution a été sa participation aux réunions du Conseil européen. Dans cette enceinte, il a non seulement présenté le point de vue parlementaire sur les principales questions à l’ordre du jour (débattues au préalable au sein de l’Assemblée) - mais il y a aussi défendu, devant les chefs d’Etat et de Gouvernement, une conception exigeante de la construction communautaire, d’inspiration fédérale et résolument anti-intergouvernementale.


De fait, le Président du Parlement est, avec les Présidents du Conseil européen et de la Commission, une des plus hautes autorités et personnalités de l’UE. Il n’a peut-être pas, jusqu’ici, joué un rôle à sa mesure. Un rôle qui reflète l’importance croissante de cette Assemblée dans l’action de l’Union. À cet égard, la comparaison avec le rôle des Présidents des Parlements nationaux a perdu de sa pertinence. Le Parlement européen est moins un lieu où s’affrontent une majorité et une opposition qu’une enceinte où se forgent de larges consensus reflétant les positions communes de cette Institution vis à vis des deux autres.


D’une certaine façon, au fil des mandatures, le Parlement a soutenu avec constance une certaine vision du projet européen - mise à mal par plusieurs Etats membres, contestée au sein même du Conseil européen et insuffisamment défendue par la Commission. C'est cette vision que le troisième personnage de l’Union pourrait sans doute promouvoir avec plus d’autorité et de visibilité, surtout à un moment où l’Europe tente de définir "son avenir” dans des circonstances particulièrement difficiles.


Pour cela, la personnalité choisie devrait avoir une expérience, une notoriété et une réputation d’envergure. Une personnalité capable, le cas échéant, de soutenir les positions du Parlement auprès des plus hauts dirigeants européens et même étrangers - voire de s’adresser directement autant que de besoin à l’opinion publique. À quelques exceptions près, ce fut rarement le cas dans le passé. En partie pour cette raison, le Parlement n’a pas exercé une influence à la mesure de sa légitimité démocratique et de ses ambitions pour l’Europe.


L’occasion se présente peut-être aux responsables des groupes politiques du Parlement de s’accorder sur un candidat commun de haut niveau. Un candidat susceptible de renforcer l’influence de l’Institution et la promotion de ses positions et propositions. Un personnage capable - par son charisme, son dynamisme et son autorité naturelle - de contribuer à une image plus forte et plus entrainante des hauts responsables européens. Mais aussi - de par sa fonction - un dirigeant en mesure de participer à une bonne préparation des élections européennes de 2024, un rendez vous qui s’annonce plus difficile encore que tous les précédents.



Jean-Guy Giraud 13 - 01 - 2022