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"LE VENT GLACIAL DE LA GUERRE” - PAPE FRANÇOIS



Malte - 2 avril 2022 : discours du pape François lors de la rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique

"Enfin, il y a le vent d’Est, qui souffle souvent à l’aube. Homère l’appelait "Euro" (Odyssée V, 379,423).


Mais de l’est de l’Europe, de l’Orient où la lumière se lève en premier, sont arrivées les ténèbres de la guerre.


Nous pensions que les invasions d’autres pays, les violents combats urbains et les menaces atomiques étaient de sombres souvenirs d’un passé lointain.


Mais le vent glacial de la guerre, qui n’apporte que mort, destruction et haine, s’est abattu avec violence sur la vie de beaucoup de personnes, et sur les journées de tous.


Et tandis qu’une fois de plus quelques puissants, tristement enfermés dans leurs prétentions anachroniques d’intérêts nationalistes, provoquent et fomentent des conflits, le peuple ordinaire ressent le besoin de construire un avenir qui, ou bien sera fait ensemble ou bien ne sera pas.


À présent, dans la nuit de la guerre qui s’est abattue sur l’humanité, ne laissons pas le rêve de paix s’évanouir. Ce dont nous avons besoin, c’est de compassion et d’attention, et non de visions idéologiques et de populisme qui se nourrissent de paroles de haine et qui n’ont pas à cœur la vie concrète des gens, des gens ordinaires. Comme nous avons besoin d’une "mesure humaine" face à l’agressivité puérile et destructrice qui nous menace, face au risque d’une "guerre froide étendue" qui pourrait étouffer la vie de peuples entiers et de générations ! Cet "infantilisme" n’a malheureusement pas disparu. Il resurgit avec force dans les séductions de l’autocratie, dans les nouveaux impérialismes, dans l’agressivité généralisée, dans l’incapacité de construire des ponts et de partir des plus pauvres. C’est de là que le vent glacial de la guerre commence à souffler, et qui cette fois encore, a été nourri au fil des ans. Oui, la guerre couve depuis longtemps avec de grands investissements et la vente des armes. Et il est triste de constater que l’enthousiasme pour la paix, né après la Seconde Guerre mondiale, s’est émoussé au cours des dernières décennies, tout comme le chemin de la communauté internationale, avec quelques puissants qui avancent pour leur propre compte, à la recherche d’espaces et de zones d’influence. Ainsi, non seulement la paix, mais aussi de nombreuses questions majeures, telles que la lutte contre la faim et les inégalités, ont été de facto reléguées hors des principaux agendas politiques.”

JGG 02 - 04 - 2022