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CANDIDATURE DE MME SYLVIE GOULARD : DÉMINER LE TERRAIN ?



Suite à la désignation officielle de Mme Sylvie Goulard (SG) comme candidate française à un poste dans la nouvelle Commission de Mme von der Leyen, certains organes de presse ont entrepris une campagne médiatique “ad feminam” à son encontre.


Cette campagne est basée sur deux questions : 

  • la responsabilité personnelle de SG dans l’affaire des assistants parlementaires : on sait qu’une information judiciaire a été ouverte en Juillet 2017 afin de déterminer en particulier dans quelle mesure un assistant personnel de SG (en tant que députée européenne) aurait en fait été principalement mis au service d’un parti politique national (MODEM). Il apparait que, plus de deux ans après l’ouverture de cette information, aucun élément probant n’ait été versé au dossier et que SG elle même n’ait pas encore été entendue par les magistrats concernés. Dans ces conditions, au vu de la légèreté des charges et de la durée indéterminée de la procédure, le Gouvernement français a manifestement décidé de passer outre, considérant que l’intérêt public de la désignation de SG l’emportait sur le risque très aléatoire d’une mise en cause effective de celle-ci.

  • la participation rémunérée de SG aux travaux d’un centre de recherche : SG a elle-même déclaré avoir, en parallèle à son activité de députée européenne (2009/2017), participé pendant environ trois ans aux travaux du “Council on the future of Europe” et bénéficié en contre partie de certaines compensations financières évaluées par elle à environ 10000 euros mensuels. Le "Council on the future of Europe”, émanation de l’institut Berggruen, est un de ces "think tanks" destinés à favoriser une réflexion sur l’évolution de l’UE - notamment par l’organisation de colloques auxquels participent de hautes personnalités européennes de tous bords (1). Parmi ses principales prises de position, on peut citer celle publiée par l’Institut Notre Europe - Jacques Delors qui anticipait notamment la création de ce qui deviendrait ultérieurement le “Fonds Juncker” (2). S’il apparait donc assez clairement que les travaux de ce “Council" se situaient bien dans l’orbite des questions européennes, il resterait à déterminer quelle fut la contribution personnelle de SG et sur quelles bases les compensations financières allouées à SG - comme sans doute aux autres participants - furent évaluées. Il appartient à l’intéressée d’apprécier la nécessité de rendre publiques ces informations - étant rappelé que de nombreux parlementaires nationaux ou européens sont amenés à participer à des activités de ce type.

Le fait même que le Gouvernement français et la Présidente von der Leyen aient confirmé la candidature de SG semble montrer que ces deux questions ne sont pas de nature à la disqualifier. Toutefois, dans la société très médiatisée d’aujourd’hui, des mises au point publiques sont parfois utiles, voire nécessaires. Ne serait-ce que pour écarter tout doute éventuel sur la probité de la future commissaire.


L’expérience passée montre que les auditions parlementaires des futurs commissaires dérivent parfois vers des polémiques partisanes assez éloignées du but réel de l’exercice : apprécier la compétence, l’engagement et l’indépendance des candidats. Raison de plus pour “déminer" à l’avance le terrain dans toute la mesure du possible.



Jean-Guy Giraud  29 - 08 - 2019   

___________________________ (1) voir https://en.wikipedia.org/wiki/Berggruen_Institute et https://en.wikipedia.org/wiki/Berggruen_Institute (2) voir https://institutdelors.eu/wp-content/uploads/2018/01/nbi__future_of_europe_statement_final_090511.pdf

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